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Le mot de Camille de Rocca Serra,
Président de l'Assemblée de Corse, Député de la Corse du Sud
Au mois de mai prochain, la croisière de la Fédération Nationale des Unions des Jeunes Avocats accostera pour la première fois en Corse pour y tenir son Congrès national.
Sans même avoir visité notre île, quiconque a suivi des études de droit connaît déjà la Corse au travers du droit des collectivités territoriales qui définit notre fameux statut particulier, des grands arrêts du Conseil d’Etat qui portent le nom d’insulaires ou encore de grands procès retentissants.
Mais, la Corse est aussi et surtout la terre d’un avocat dont les plaidoiries demeurent dans les annales de la Justice française. Maître de Moro-Giafferi, grand ténor du barreau au début du XX ème siècle, est pour toujours l’avocat de Landru ; de Dimitrov, l’incendiaire présumé du Reichstag ; ou de Dieudonné, membre de la Bande à Bonnot.
Maître de Moro-Giafferi n’était pas seulement un avocat brillant et éloquent, s’était aussi un homme engagé notamment dans la lutte contre la peine de mort. Ainsi à l’occasion du Procès Landru déclara-t-il si justement :
« Monsieur l’Avocat général, je sais ce que vous demandez. Vous demandez une tête !... Oh ! Je ne doute pas de votre conviction. Mais moi qui vous connais, je vous plains un peu. Pas d’erreur judiciaire possible dites-vous ? Paroles terribles ! Est-ce qu’ils n’étaient pas convaincus, ceux qui vous ont précédé, tous ceux dont le nom figure au bas d’un arrêt de mort, cassé après la mort ? Il n’y a qu’un moyen d’atteindre la vérité : c’est de douter toujours, et quand on croit y avoir atteint, c’est de douter encore ».
Sur les pas de votre illustre collègue bastiais, je vous souhaite à tous un excellent séjour en Corse.
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